Historique

BREF HISTORIQUE DU COMMENCEMENT DE LA PAROISSE KAMENGE

  1. L’idée de la création de la Paroisse Kamenge

Le rêve et le projet de commencer une Paroisse dans le quartier de Kamenge est lié au Centre Jeunes Kamenge qui a ouvert ses portes en année 1990. Ces projets ont été encouragés par Mgr.  Simon  Ntamwana. Etant donné que nous avons une maison d’accueil à Rohero, on avait déjà eu la possibilité d’aider pour les Messes du dimanche dans la succursale de Nyambuye. Il nous semblait possible d’élargir notre disponibilité missionnaire pour ce quartier qui vivait dans une situation difficile et tendue. Ce quartier grandissait vite et les relations avec la Paroisse de Ngagara n’étaient pas toujours faciles.

Mgr. Simon s’était montré enthousiaste de cette proposition. Les Pères Joseph De Cillia et le soussigné P. Modesto, une fois terminé le commencement de la Paroisse de Buyengero nous sommes descendus à Bujumbura pour la nouvelle Paroisse de Kamenge.  C’était le commencement du mois de novembre 1994.

La chapelle provisoire a été celle du Centre Legentil pour les malades mentaux où le P. Sergio Marchetto célébrait la Messe le dimanche. Le P. Modesto Todeschi, lui allait chaque dimanche à Gishingano ou à Nyambuye.

Le P. Joseph était chargé des constructions pour la nouvelle paroisse, mais concrètement aussi pour des autres nombreux chantiers à Kinama, à Murayi, Gatara etc. et pour les pauvres au village Winterekwa où on pensait de construire la nouvelle Paroisse.

On avait manqué complétement la place pour la nouvelle Paroisse dans le quartier et  on a cherché la place en haut du rond-point de Kamenge à Winterekwa. On a pu, en effet, acheter le terrain qui est devenu utile progressivement pour le commencement de la Paroisse avant de trouver, après la destruction du quartier, à cause de la crise, des gens qui avaient préféré vendre leur terrain et construire ailleurs.

  1. Une paroisse née dans des moments difficiles

Le commencement officiel  de la Paroisse de Kamenge a eu lieu à l’hôpital Legentil le 25/03/1995. C’était la matinée du  Jeudi Saint. La rencontre était présidée par Mgr.  Simon Ntamwana avec des  ‘’Bajenama’’ responsables  de la Paroisse de Ngagara et moi même. A signaler que vers la fin de cette rencontre il y a eu des tires assez nourris de fusil, pour indiquer, peut-être, qu’on vivait une situation particulière de conflit et de tension.

Monseigneur  Simon avait chargé le P. Modesto de chercher les fiches des chrétiens de la succursale  de Muberure à la paroisse de Rushubi. Tâche réalisée sans problème et avec l’accord du P. Curé de Rushubi.  On faisait de notre mieux pour chercher des aides en nourriture pour les réfugiés chez Legentil.  On cherchait de rendre visite aux communautés de la nouvelle Paroisse pour des retraites et les Messes du dimanche. Dans la chapelle de l’hôpital c’était le Père Sergio  qui  se rendait disponible pour la Messe du dimanche. Quand il y avait des combats dans une zone ou l’autre le P. Modesto cherchait d’y aller pour encourager  et aider dans les limites de la situation, avec une sincère reconnaissance des gens, non sans des risques et des complications pour l’aide qu’on donnait aux blessés et aux réfugiés à Nyakabuye, à Mbirira, Gishingano, Tenga et Muberure.

A signaler qu’à Muberure pendant 6 mois de l’année 1995, les chrétiens avaient eu peur de fréquenter le dimanche à la succursale parce qu’on avait installé un camp militaire à la succursale même, et il y avait une forte tension. A cause de  cela  on   s’était accordé de célébrer la Messe du dimanche, à tour de rôle, en bas des palmiers en trois lieux jusqu’à quand les militaires nous avaient empêché d’y aller.   Un des lieux fixés  c’était Bushaka où  actuellement il y a la nouvelle succursale de Bushaka.

Mais la réalité plus douloureuse a commencé cette année–là même. C’est-à-dire la destruction du quartier de Kamenge. Au commencement quand il y avait la destruction d’une maison je me souciais d’aller voir, d’écrire les noms des propriétaires, pour chercher de les aider pour le peu qu’on pouvait. Lorsqu’il y avait l’assassinat  de quelqu’un  du quartier on m’invitait pour la Messe en mémoire de lui. C’était seulement l’introduction de la destruction globale du quartier qui a suivi en vitesse… Entre nous on se disait : ‘’Est-il possible penser de commencer une Paroisse où les maisons sont brulées et trop des gens sont persécutés ou tués’’ ?

A distance plus ou moins d’une année du commencement, voilà que le nouveau Curé le   Père Luigino Vitella avec le feu P. Ernesto Tomé, dans le village détruit, purent trouver des gens disposés à vendre le terrain où il y avait leur maison. Voilà la réponse de la Providence pour placer l’église et la cure de la nouvelle Paroisse au centre du quartier, qui, après les accords d’Arusha,  commença à renaitre à nouveau.  Voici comment la nouvelle Paroisse pu devenir le symbole d’une ‘’époque nouvelle’’. A ce temps-là on avait aussi eu la nouvelle de la Béatification du Fondateur des Missionnaires Xavériens Guido Maria Conforti. Spontanément on proposa qu’il soit aussi le Protecteur de la nouvelle Paroisse. Sa canonisation fut une double fête pour le quartier…

J’avais conclu mon service à la Paroisse Kamenge au mois de janvier 1996 quand je terminais mon rôle du Supérieur Régional. Permettez-moi de dire que cette brève période faite ici à Kamenge a été inoubliable et précieuse plus qu’ailleurs, à cause et grâce aux risques faits pour partager directement les souffrances et la pauvreté de la situation dans les diverses succursales dans la zone des ‘’combattants’’.  Mais aussi j’ai pu savourer la joie de me sentir proche aux gens dans cette période particulière.

Père Modesto TODESCHI, Sx